L’origine du mot Jupiter

L’expression « Jupitérien » ou « président jupitérien » fait écho à notre actualité politique. Interrogé par le magazine Challenges le 16 octobre 2016, Emmanuel Macron avait expliqué vouloir être un chef d’État « jupitérien ».

 

© Dusault pour « Le Point »

 

Ainsi, il souhaitait très clairement s’opposer à son prédécesseur François Hollande, ce dont il ne se cachait pas :

 

« François Hollande ne croit pas au ‘président jupitérien’. Il considère que le président est devenu un émetteur comme un autre dans la sphère politico-médiatique. Pour ma part, je ne crois pas au président ‘normal’ (…) Pour moi, la fonction présidentielle dans la France démocratique contemporaine doit être exercée par quelqu’un qui, sans estimer être la source de toute chose, doit conduire la société à force de convictions, d’actions et donner un sens clair à sa démarche. »

 

Mais qui était Jupiter ?

Fils de Saturne, Jupiter est le roi des dieux et des hommes et il correspond au Zeus des Grecs dont il a hérité des nombreuses légendes. Tout comme le Président de la République, Jupiter est le garant de la fidélité aux traités ; il préside aux relations internationales.

On retrouve les mêmes attributs que pour Zeus : le tonnerre et l’éclair lancé par son foudre, le sceptre et le trône, symboles de sa royauté sur le monde, le chêne et l’aigle symbole de sa puissance.

Evidemment, un pauvre mortel ne peut pas s’opposer à Jupiter, qui de toute façon écrase les humains s’il le veut. Là est la différence avec notre Président de la République.

 

Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il osé la comparaison ?

Pour Bruno Cautrès, chercheur au CNRS, c’est une manière de « restaurer la solennité du pouvoir présidentiel, en rupture avec le mandat de François Hollande, mais aussi celui de Nicolas Sarkozy ».

Eddy Fougier pense qu’avec le président « jupitérien », on évoque « le monarque républicain à la parole rare ». C’est un retour au schéma « rassurant » de l’exercice de Charles de Gaulle ou de François Mitterrand qui collait à l’esprit de la Ve République.

On comprend mieux son entrée solenelle sur les pavés du Louvre pour célébrer sa victoire aux présidentielles du 7 mai 2017.

Une façon pour lui de s’affranchir des critiques sur son jeune âge, d’obtenir le respect de ses pairs et une certaine obéissance.

Il se détache de la politique pour jouer un rôle mythologique. Etre en quelque sorte le « maître des horloges » ou le détenteur des « pouvoirs régaliens ».

 

Guillaume Testa

Sources : speech.konbini.com, mythologica, 20minutes.fr

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